[Review] Veronica

Il est difficile de se faire surprendre par certains archétypes de films. Ceux de genre n’échappent pas à la règle et disposent de codes délicats à contourner. Cependant, il y a des surprises, des réalisateurs qui ont su apporter leur pierre à l’édifice et renouveler les attentes. Mais qu’en est-il de :

« Veronica » de Paco Plaza

Jeune fille presque en charge de l’appartement, de son petit frère et de sa petite sœur, Veronica souffre de l’absence de sa mère, débordée par le travail, et de la mort récente de son père. Après une séance de Ouija qui tourne mal, la voilà aux prises avec des manifestations inexplicables.

hpym.jpg

Ce qu’on dira, c’est que ce n’est pas avec ce genre de synopsis que Paco Plaza arrive à insuffler du renouveau. Le célèbre réalisateur de l’étonnant et captivant [Rec] tente ici pourtant de s’attaquer à un autre symbole du film d’horreur : la possession. Auparavant, il a su renouveler le style et l’ambiance du film de zombie en y apportant les croyances chrétiennes espagnoles ainsi qu’une mise en scène risquée via la caméra à l’épaule. Malgré cela, sa patte personnelle propulsera [Rec] et le cinéma d’horreur espagnol sur le plan international.

Il faut bien avouer qu’avec « Veronica », le constat est un peu plus mitigé. Pas mauvais en soi, ce film joue beaucoup trop avec les clichés et les effets attendus, mais sait cependant créer une tension palpable à travers le regard de Veroncia, la brillante Sandra Escacena. Elle procure par son jeu l’apport nécessaire pour que le film fonctionne. Sa présence nous rapproche du réalisme, loin des modèles d’acteurs et actrices américains qui donnent parfois une sensation quelque peu artificielle.

null

Et Paco Plaza mise énormément sur ça : le réalisme. Son histoire est tiré d’un fait divers qui a bouleversé l’Espagne dans les années 90, seul fait qualifié de « paranormal » par la police. Il prend alors le parti savant de traiter à la fois son film comme une oeuvre à suspense mais aussi un drame familial. Cependant, les ingrédients trop souvent utilisés du genre de l’épouvante (exemple du cliché de la nonne aveugle, cependant édulcoré avec une pointe humoristique) viennent quelque peu ternir le tableau dans son ensemble. On sent l’intention de les détourner ou d’en jouer mais pas toujours avec une grande réussite.

Au final, on se laisse toutefois porter par l’alternance de tension et de vie quotidienne sur fond de compte à rebours vers la résolution finale et malheureusement attendue. La petite lumière au fond du tunnel sera cependant la confrontation entre croyance et scepticisme en sous texte. Soit on se laissera enchanter par l’horreur de l’inconnu soit on analysera les causes et conséquences de la chute de Veronica entre la dureté de la perte d’un proche, de la difficulté du quotidien aggravée par la présence d’intoxication possible aux moisissures dans cet appartement d’immeuble vieillissant.

maxresdefaultarton36979

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :