[Review] Thelma

Au contraire des films en mode « parc d’attraction de l’horreur » pour ne citer que des exemples tels que la série des « Saw » ou autres slashers movies, une nouvelle tendance se fait sentir : celle du tout suggéré et du contemplatif. Certains films tel que « It comes at night » (2017) de Trey Shults ou «The VVitch » (2015) de Robert Eggers réussissent à merveille à tout miser sur l’ambiance sans pour autant nuire au rythme. Le film dont nous allons parler aujourd’hui prend corps dans cette mouvance, avec plus ou moins de succès :

« Thelma » de Joachim Trier

Jeune et dévote étudiante fraîchement arrivée à Oslo pour y suivre les cours à l’université, Thelma (Eili Harboe ) fait bientôt la rencontre de Anja. Elle est alors rapidement victime de crises épileptiques ainsi que de sentiments troubles à l’égard de sa nouvelle amie. La confrontation de ces deux phénomènes semble être la manifestation de dons pour le moins surnaturels.

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Une chose est évidente : « Thelma » est un beau film. La photographie est léchée et impressionnante. Beaucoup de plans sont sublimes et certaines prises de vue sont osées. Joachim Trier nous offre ici une œuvre très contemplative, peut-être un peu trop. Des scènes traînent en longueur et l’action a du mal à se faire sentir, sauf dans les rares scènes de tension et de surnaturel. Elles sont cependant bien trop rares et dispersées pour garder au vif l’attention du spectateur. Malgré tout, le ton à la fois malsain et étrange, que Joachim Trier nous fait sentir et dont Eili Harboe appréhende avec beaucoup de talent, est bien présent.

La jeune actrice saura nous émouvoir dans ses moments de confusion, de peur et de découverte et Henrif Rafaelsen jouant le rôle de son père, saura donner la réplique pour la rassurer ou, plus souvent, la refréner. Malheureusement, ce seront les deux acteurices et personnages les plus marquants du film, les autres étant trop peu développés ou charismatiques.

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En ce qui concerne la part de surnaturel, nous baignons ici en pleine symbolique. Le spectaculaire reste chaste ou bref, les conséquences parfois plus cruelles ou glaçantes (nous penserons ici à la scène du lac). Le pouvoir de Thelma est en adéquation avec ses craintes et tentations : le rejet ou l’attraction. L’acceptation et le refus ici font des miracles, souvent terrifiants mais bien plus bénéfiques quand la prise de conscience et (l’acceptation ) sont enfin assumés… Mais Thelma n’en restera pas moins une personne dangereuse.

Néanmoins, ce film a le mérite de se démarquer de par ses partis pris sociaux et les thèmes abordés. Loin d’un teen movie américain et cliché lambda, il apporte un vrai souffle d’air frais au genre même s’il peut refroidir les plus frileux du genre contemplatif d’entre vous.

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