[Vidéo club] Society

On sait déjà que le cinéma d’horreur se prête quelque fois, et avec brio, à la critique de société. Un des maîtres du genre étant le regretté Georges Romero à travers notamment sa série des morts vivants. On le fait avec noirceur, horreur, humour… Mais aussi avec grotesque. C’est un étonnant mélange des quatre que nous allons voir aujourd’hui avec :

« Society » (1989) de Brian Yuzna

Une ombre plane sur Bill Whitney, pourtant beau gosse et fils d’une famille riche de Bervely Hills. Il perçoit son entourage proche d’un œil malade, paranoïaque, et c’est le Docteur Cleveland qui le suit depuis 1 an, mettant cela sur le compte d’une crise adolescente difficile. Cependant, depuis quelques jours et suite aux délires similaires de son meilleur ami Blanchard, tout s’accélère.

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Au visionnage de « Society », deux sentiments s’entremêlent étrangement : ennui et fascination. Monté et réalisé comme une sitcom digne des « Feux de l’amour » ou « Dallas », il en a aussi le rythme. Ça traîne la patte, c’est lent et le jeu des acteurs n’est pas là pour relever le niveau. Cependant, si on rentre dans le jeu, on se laisse emporter par cette parodie de série à l’eau de rose, tournée comme un teenage movie peu subtil, aux blagues parfois grasses … Car quelque chose cloche dans le monde trop propre et marbré de Bervely Hills.

C’est à travers des scènes éparpillées et furtives que le doute s’installe, distillant (trop) lentement le poison insidieux de la paranoïa chez Bill comme chez le spectateur. Réalité ? Fantasmes ? Cauchemars ? On assiste alors à des scènes tout d’abord malaisantes puis de plus en plus viscérales jusqu’à finir dans des orgies burlesques, aux effets spéciaux poisseux, terriblement réussis et très « Cronenbergiens ». Les jeux de chairs se feront multiples, tordus, sortant des esprits les plus dérangés, nous emmenant dans une apothéose finale où tout s’accélère et nous fait oublier la première heure presque soporifique.

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Et c’est ce qui est dommage dans la réalisation de Brian Yuzna. A trop vouloir nous emmener dans les méandres de ce pastiche de sitcom, peignant une bourgeoisie écœurante qui imite avec succès la réalisation pauvre de ces séries fleuves (lumière crue, décors de studio, jeux d’acteurs déplorables  mais assumés…), on ressent tout l’ennui de ce genre de programme malgré les séances étranges et horrifiques trop peu présentes qui tentent avec grand mal de nous garder éveillé.es. Cependant, ce film vaut la peine d’être vu ! Ne serait-ce que pour son final délirant et jubilatoire, du grand « What the fuck » en puissance comme rarement vous en verrez dans ce style de cinéma, encore moins actuellement.

Brian Yuzna réalise donc un demi succès dans la catégorie horreur mais une pleine réussite dans le body horror. Il aura beaucoup appris de son collègue et ami Stuart Gordon (From Beyond, Re-Animator), dont les effets spéciaux sont clairement inspirés. Il renouvellera l’expérience en prenant les rênes de « Re-Animator 2 » , « Necronomicon » et « The Dentist » avec plus ou moins de succès et d’impact mais avec « Society », il réussira le coup de ne pas voir distribuer son film avant 3 ans aux USA car trop dérangeant, les idées véhiculées dans son film étant très mal vues par la haute société américaine de l’époque. Le public européen quant à lui l’a accueilli avec beaucoup plus d’entrain, le Festival du Film Fantastique d’Avoriaz le sélectionnant en 1990.

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Society

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