[Vidéo club] The Blob

Après une longue pause concernant les reviews du vidéo club, nous voici de retour avec un film horrifique, marquant de par ses prouesses visuelles mais aussi par son jeu avec les codes du genre, et distingué au Festival international du film fantastique d’Avoriaz de 1989 :

«The Blob» (1988) de Chuck Russell

Tout commence quand une météorite tombe non loin de la petite ville d’Arborville aux Etats-Unis, libérant un monstre informe et gélatineux, qui dévore tout sur son passage.

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Partant d’un concept simple car il s’agit du remake du film du même nom sorti 30 ans plus tôt, histoire d’un monstre semant le chaos sur son passage, Chuck Russell décide de suivre un chemin différent et abandonne la métaphore de la menace rouge si chère aux années 50 pour se lancer dans une critique du gouvernement américain de l’époque, de ses dérives, de ses clichés ainsi que ceux de son cinéma. Le réalisateur a été précédemment remarqué par sa surprenante et créative suite de la série Freddy, à savoir le 3ème opus : «Les griffes du cauchemars» ou «A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors». Il nous livra alors l’un des, voir le meilleur film de la série, jouant non seulement avec la perversité de son célèbre tueur, creusant son passif, nous en apprenant plus sur lui et exploitant le monde onirique avec brio.

C’est donc avec confiance que TriStar lui confia les rênes du film. Comme nous en avons parlé au tout début, c’est sur deux critères que ce film se distinguera. Tout d’abord : les effets spéciaux du blob.

Cette masse informe, gélatineuse et rosâtre bouge de façon bluffante. Issue de nombreux mois de recherche pour engendrer cette matière aux mouvements ultra réalistes, elle offre une texture que les effets numériques actuels auraient encore beaucoup de mal à recréer. On frémit et grimace face aux apparitions souvent surprenantes de la bête. La mise en scène joue un rôle déterminant dans l’horreur de la bête, créant la tension et la surprise, en dosant souvent avec humour ses multiples meurtres.

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Ce qui nous amène à la seconde bonne surprise du film : ses partis pris. Chuck Russell s’amuse à mettre en place un contexte qui semble bateau, une introduction classique et des personnages clichés tel que le héro joueur de football américain, sa copine pompom girl, le bad boy motard ou bien encore le shérif sévère mais bienveillant. Quel joie de voir les coups de pieds qu’il met dans tout cela pour nous entraîner dans des situations incongrues, de la mort de personnage que l’on peut penser intouchables comme aux origines même de la créature loin de la vulgaire entité extraterrestre. Tout cela mis en valeur par un casting réussi, Kevin Dillon malgré sa coupe mulet, Megan Penny loin de jouer les blondes écervelées et fragiles et même la présence de Paul MacCrane, second rôle et gueule du cinéma des années 80/90, que l’on remarque inévitablement dans le «Robocop» (1987) de Paul Verhoeven notamment.

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C’est avec plaisir que l’on s’en sort sans romance entre les personnages principaux, avec de l’humour situationnel, des personnages diversifiés, même s’ils disparaissent parfois trop rapidement dans des coupures surprenantes, peut-être pour raccourcir un peu le film ou ne pas briser son rythme ? Même si le final se termine de manière prévisible avec de l’action face à ce monstre toujours grossissant, passant de la subtilité de ses premiers repas à l’engloutissement de masse, on ne pourra que se réjouir des astuces mises en place. Le tout dans un film à la photographie soignée, qui sent bon les années 80. La couleur rose du Blob se marie délicieusement avec les bleus de la nuit, des éclairages. Masse rose s’opposant à la froideur des corps et de la ville malgré quelques incrustations sur fond vert ayant mal vieillies.

Par la suite, Chuck Russell renouera avec le succès mais dans des genre tout autres mais néanmoins toujours aussi créatif avec le célébre «The Mask» (1994). Le reste de sa carrière sera plutôt en dents de scie, avec le projet d’une collaboration avec Rob Zombie pour un remake de «The Blob» qui ne connut pas de suite…

Mais peut-être peut-on s’attendre à une surprise l’année prochaine pour les 30 ans du film, et les 60 ans de l’original ? Avec la tendance actuelle des studios, cela serait possible après tout…

 

En Bonus !

Le thème du film, malheureusement un peu trop timide, réalisé par Michael Hoenig a qui l’on doit toutes les musiques des jeux Baldur’s Gate 1 et 2. Les vieux geeks du fond reconnaîtront.

 

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