[Review] IT

Stephen King a toujours su inspirer les cinéastes de par son univers et ses thématiques. Les plus grands s’y sont frotté en réalisant des films mythiques, tels que Stanley Kubrick avec « Shining » (1980), Brian de Palma avec « Carrie » (1976) ou encore John Carpenter avec « Christine » (1983). D’autres œuvres plus ou moins inégales ont aussi vu le jour,  tels que « Cujo », « Simetierre », « Les évadés », « La ligne verte » ou l’angoissant « Misery », pour ne citer à la volée que mes coups de cœur… Le maître de la littérature horrifique moderne frappe encore et toujours les esprits, berçant nos cauchemars de ses inspirations étouffantes. Voici qu’il récidive à travers l’œil du réalisateur argentin Andrés Muschietti et son interprétation du roman emblématique :

« IT » – Chapitre premier

Dans la ville de Derry, les enfants disparaissent mystérieusement les uns après les autres. Un groupe de sept enfants se forme petit à petit suite à leur confrontation à des visions  surnaturelles prenant la forme de ça… Un clown terrifiant.

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Il était difficile de passer à côté de ce film avec tout le matraquage marketing que nous avons pu subir ces derniers mois… Un peu comme Annabelle 2. Je ne me suis pas attardé sur ce dernier mais j’y reviendrai sûrement dans une prochaine chronique pour vous expliquer pourquoi.

Mais revenons à nos ballons rouges.

« IT » met en scène une des créatures les plus emblématiques du cinéma d’horreur des années 80 qui fut, à l’époque, merveilleusement interprétée par Tim Curry (« The Rocky Horror Picture Show », « Legend »…). Contrairement à ses frères slashers, « ça » dispose d’un modus operandi beaucoup moins frontal. Il observe longtemps puis harcèle ses victimes jusqu’à ce qu’elles soient « à point ». De plus, pas question de s’attaquer à des personnes bien portantes ou en mesure de se défendre : « ça » préfère se nourrir d’enfants ou de personnes en situation de faiblesse psychologique.  S’il se trouve face à de la résistance, il fuit le danger immédiat et préfère revenir au moment opportun, voire jamais.

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« ça » est donc presque un charognard. Et c’est ce qui peut déranger certains dans ce film.

On peut s’attendre à de l’affrontement brutal et sanguinolent, face à une créature quasiment immortelle mais loin de là, « ça » se retrouvant désorienté quand ses victimes se rebellent. Manifestement, cela a quelque peu désorienté un public habitué des « roller coasters » de l’horreur comme on peut leur servir habituellement.

Ce film demande un effort d’empathie avec ses protagonistes. Il faut se mettre dans la peau et les peurs des gamins, et non mettre en avant les siennes. Il faut comprendre ce qui les terrorise, les angoisse, les torture et cela transparaît dans leur quotidien. Certains faits, situations ou apparitions du monstre ne vous feront peut-être pas peur à vous mais elles seront terrifiantes pour eux !

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Andrés Muschietti prendra alors le parti, comme son prédécesseur Tommy Lee Wallace pour son adaptation téléfilm « IT » (1990), d’en faire un film comportant une bonne dose de drame. Alternant scènes de peur et vie quotidienne, parfois se mélangeant, le quotidien devient plus poisseux et angoissant que les moments surréalistes. Les adultes sont souvent lâches ou dérangeants, comme si l’histoire de Derry les avaient inconsciemment marqués. Ils se retrouvent impuissants face aux disparitions et décident presque de vivre avec. Les enfants, dont les acteurs interprètent merveilleusement leurs rôles, sont tous plus ou moins marqués au niveau de leur histoire ou de leur entourage familial. Maltraités, abusés, délaissés ou contraints, ils sont le cœur de cible de « ça », et seuls le soutien et la solidarité qu’ils trouveront entre eux pourront permettre à ce « groupe des loosers » de faire face à cette menace…

Dès la première scène, on nous met dans l’ambiance : ça va être sale et cruel. Andrés Muschietti sait nous mettre en empathie avec les personnages jusqu’à leur réserver un sort funeste et cela, en plein champ, ne cachant pas l’horreur qui les attend. Les Jump scare peu présents sont utilisés avec intelligence. La tension se met en place quand elle doit se faire peut-être de façon trop prévisible. Le spectateur sera rarement mis en danger et sera plutôt extérieur à ce qui arrivera aux enfants. On le prépare en installant le contexte, la narration du quotidien gardant l’atmosphère lourde et poisseuse surtout pour celui de Beverly (incarnée par la flamboyante Sophia Lillis). Cependant, quand « ça » frappe, c’est souvent avec une mise en scène léchée et captivante, jouant d’effets graphiques efficaces et parfois déroutants.

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Pour en revenir au casting, Bill Skarsgard incarne un clown réussi, merveilleux pantin désarticulé dont la chose jouera avec plaisir pour appâter et apeurer ses victimes. Jaeden Lieberher reconfirme ses talents d’acteurs en incarnant Bill, le grand frère du petit Georgie. Il nous avait déjà épatés dans « Midnight Special »(2016) dans le rôle d’Alton et récidive ici. Sophia Lillis prenant les traits de Beverly est bien la fille dont tous les petits garçons tombent amoureux. A la fois envoûtante et aventurière, elle fera face aux horreurs de son quotidien avec une justesse émouvante. Les autres enfants sont eux aussi très bons mais on notera tout de même la performance de Finn Wolfhard un peu au dessus des autres, incarnant un Richie effronté, aux vannes faisant souvent rire et sourire.

Enfin, Andrés Muschietti joue sur la nostalgie des 80’s, replongeant son public cible à son enfance (tendance « Stranger Things » dont les réalisateurs, les frères Duffer voulaient adapter eux même « IT » au cinéma, se rabattant alors sur cette série phare). Cela tombe bien vu que ça se réveille tous les 27 ans et cela fait 27 années que le téléfilm fut sorti. On prend plaisir à se replonger dans ces années judicieusement reconstituées dans leurs multiples facettes (mode et culture).

Pour conclure, le tour de force d’Andrés Muschietti est qu’il arrive à nous donner envie de voir la suite, savoir ce que les « Loos(v)er » deviendront, ce que ça leur fera subir. Et pour ça aussi, c’est une réussite.

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